Dans le débat « Pour ou contre une reconnaissance officielle du vin naturel », Jacques Néauport est plutôt contre. En fait, il s’en fiche. [Episode 3/3 : l’avenir]

Jacques Néauport n’a ni portable ni Internet et vit dans le fin fond de l’Ardèche. Malgré tout, même lui est au courant que le vin naturel est devenu « hyper tendance » (ça, c’est de moi… M. Néauport ne parle pas comme ça, soyons sérieux 2 minutes), notamment à Paris et dans les grandes villes de France (plus d’un millier de lieux où en boire en France recensés par le Raisin Digital).

Evidemment, ce succès l’enchante. « A notre époque, les lieux où boire ce genre de vins à Paris, on les comptait sur les doigts d’une main. » Sans compter que les vins ne cessent de s’améliorer…

Même quand ils n’y connaissent goutte, Jacques est ravi pour ces nouveaux adeptes :

« Je préfère, c’est meilleur pour leur santé. A l’origine du vin naturel, il y avait des gens qui aimaient faire la fête, et qui ne voulaient plus être malades le lendemain. Ce n’était ni commercial ni rien, on n’en parlait même pas. »

Le vieil anarchiste et les supermarchés

Aujourd’hui, le souci, ce n’est plus vraiment le « qu’en dira-t-on », mais plutôt la récupération possible / probable par l’industrie viticole.

Jacques Néauport en convient volontiers : « Aujourd’hui, même au supermarché, on trouve des vins sans soufre… Pfff, en fait ils sont pasteurisés, ce sont des vins morts ! »

Mais quand on lui demande sa position dans le débat sur une possible reconnaissance officielle du vin naturel, il reste… dubitatif sur l’intérêt de la chose. « Il faut dire que j’avais 20 ans en 1968, alors bon… Moi, ça ne me dit rien, c’est la personne qui compte. Mais ce n’est que l’avis d’un vieil anarchiste. »

« Pour moi, continue-t-il, le plus important, c’est qu’il y ait de plus en plus de vin naturel dans les bouteilles. »

 

Les autres épisodes de « La malo, la Loire et le vieil anarchiste », petit entretien avec Jacques Néauport :

 

Episode 1/3: Les trois conseils de Jacques Néauport pour faire du (bon) vin naturel

 

Episode 2/3 : Comment le vin naturel ne cesse de s’améliorer depuis 40 ans