Vignerons naturels de Loire : qui êtes vous ?

Vu du vignoble, le vin naturel est une réalité. On en boit, on en produit, on en achète et on le vend, on en parle, on apprend à le faire, on en débat… Mais tout ça ne se voit pas dans un verre. Alors comment ? [Enquête]

Rêvons un peu… Et si on pouvait dire « le vin naturel représente telle part du vin produit dans le val de Loire », ou encore « xx domaines viticoles sont sortis volontairement de leur appellation en Loire». Ou bien « XX% des vignerons naturels n’utilisent jamais de soufre. » Ca serait bien, non ?

Moi, je trouve que ça serait bien. Pour une fois, on pourrait savoir de quoi on parle précisément.

C’est pour ça que j’ai imaginé une enquête sous forme de questionnaire adressé aux vignerons naturels de Loire.

Une enquête, 150 vignerons 

C’est quoi ? Environ 30 questions, façon QCM, sur leur domaine (quelle surface, quel volume, etc.), leurs pratiques (dans les vignes et dans le chai), leur rapport au travail, etc. Le questionnaire est visible en ligne.

A qui ? Je l’ai envoyé mardi 3 janvier à environ 150 personnes, des vignerons naturels de la Vendée jusqu’en Auvergne.

J’ai créé moi-même cette liste, en croisant les play-lists de divers salons, les recommandations de plusieurs guides et blogs, les avis éclairés de plusieurs amis, l’aide de Cédric Mendoza de vinsnaturels.fr (et en fouillant le web, parce que boudiou, il y en a qui font tout pour rester injoignables).

Alors bien sûr, cette liste est plutôt tendance « rassemblement » que « puriste ». Il y a des vignerons « ultra-nature » et des « nature moins le quart ». Des qui sont engagés, d’autres qui s’en foutent royalement. Des rebelles du système et des porte-paroles officiels. Des médiatiques et des secrets. Et même sans doute quelques uns qui se demanderont ce qu’ils foutent là.

Mais je trouve cette liste plutôt représentative, finalement, de ce que j’observe… Si vous pensez que j’ai oublié quelqu’un, vous pouvez me le dire, ou lui envoyer directement le questionnaire.

Pour quoi faire ?

Les données récoltées seront anonymes. En les croisant, j’espère parvenir à un genre de portrait du vigneron naturel de Loire.

Voyez-vous, quand j’aborde le sujet du vin naturel avec quelque représentant des autorités viticoles, on me répond toujours deux choses :

  • « On ne sait pas de quoi on parle, il n’y a pas de définition, etc »
  • « Ce sont surtout les medias qui en parlent beaucoup, dans la réalité, ça ne représente pas grand chose, c’est anecdotique. »

A force, ça m’énerve un tantinet : pendant ce temps-là, personne ne répond aux vraies questions. Quand on atteint la question du soufre (le point godwin du vin naturel), c’est game over.

Cette enquête a donc pour objectif non-dissimulé d’argumenter face à ce genre de non-réponse, et d’arriver avec des questions précises.

Enquête vignerons de Loire : I want you for an adventure

Bon, je ne suis pas statisticienne, et pour tout dire, j’ignore complètement si les vignerons interrogés joueront le jeu (j’espère que oui, surtout que je sais où ils habitent, gnehehehe). On me dit que, pour ce genre d’enquête, un taux de réponse de l’ordre de 15% serait un succès. Ca correspond à 22,5 gars qui cliquent, je dis que c’est largement faisable (plus, c’est mieux, on est d’accord).

Si vous avez des améliorations à suggérer sur le questionnaire, même chose : je suis toute ouïe. Si vous êtes vigneron naturel et que vous n’avez pas reçu de mail, je vous en prie, ne vous gênez pas ! Si vous connaissez un vigneron naturel qui hésite à répondre, poussez-le au cul (gentiment) !

Rendez-vous en février pour les premiers retours !