DATAPIF / Episode 3

[SONDAGE 1/6] Enquête auprès des vignerons naturels : mode d’emploi

L’enquête auprès des 150 vignerons naturels de Loire s’achève, place à l’analyse. Avant d’aborder cet objet journalistique non identifié, voici un mode d’emploi et quelques chiffres-clés à avoir en tête…

réponses reçues

questionnaires envoyés

vignerons naturels identifiés

%

Taux de réponses au questionnaire

femmes

départements

vignerons allergiques au web

1) A qui a été envoyé ce questionnaire ?

 

J’’ai envoyé l’enquête sous forme de questionnaire en ligne à 124 domaines, sur les 150 vignerons naturels de Loire identifiés et cartographiés ici.

La première étape, la plus laborieuse, de cette enquête a consisté à lister les vignerons et surtout… à trouver leur adresse mail. Si je vous dis que j’ai dans mon carnet d’adresses une carte de visite de vigneron qui stipule : « Pas de site web, pas d’adresse mail », vous comprenez pourquoi ça n’a pas été simple. (Note de service : Arrêtez de mettre des formulaires de contact sur vos sites web. Affichez votre adresse mail. Pitié.)

Au passage, merci à Cédric, du site vinsnaturels.fr, qui m’a aidé dans mes recherches…

 

2) Combien de réponses ?

 

54 réponses, soit un taux de réponse de 43,5%.

J’aurais aimé en avoir plus, étant donné la toute petite taille du « panel ». Mais on me souffle dans l’oreillette que c’est très honorable; ce genre d’enquête n’obtient en général pas plus de 15% de réponses.

J’ai relancé les vignerons deux fois, plus quelques mails à celles et ceux que je connaissais personnellement…

Evidemment, j’imagine que ceux qui n’ont pas répondu avaient de bonnes raisons de ne pas le faire (pas concernés, autre chose à faire, « je ne réponds jamais aux sondages par principe », j’ai piscine, je ne veux pas révéler d’infos, je suis recherché par le FBI, je ne lis jamais mes mails, j’ai oublié, etc.)

Mais je remercie ici celles et ceux qui ont eu la gentillesse de répondre. J’en déduis que le sujet vous intéresse (normal, c’est de vous qu’il s’agit) et que les questions posées n’étaient pas complètement à côté de la plaque.

 

3) Ce sondage est-il représentatif ?

 

Je l’ignore. Je ne suis pas une « data-scientist » ni un cabinet de sondage. Une chose est sûre : il ne s’agit en aucun cas d’un « échantillon représentatif » des vignerons naturels de Loire. Je ne sais pas comment produire cet échantillon, et du reste, à partir de quelles données ?

En plus, on le sait tous, un sondage, c’est un peu comme une photo : ça n’est qu’une image fugitive d’une réalité mouvante et forcément plus complexe. Ca ne remplace pas le « terrain », le face à face, le reportage in situ, etc. (D’ailleurs, si c’est plus votre truc, allez donc jeter un oeil à l’autre série du blog : Devenir Vigneron)

D’autre part, il s’agit de données déclaratives, donc forcément à prendre avec des pincettes.

Ceci étant dit, il s’agit malgré tout de données exclusives. A ma connaissance, c’est la première fois qu’on a une image aussi précise de ce groupe de vignerons. Et même si le nombre de répondants est extrêmement petit… il représente quand même plus du tiers (36%) du groupe.

Si vous êtes joueur, vous pourrez éventuellement extrapoler, et calculer, par exemple, la surface ou le volume de vin produit par les « nature » en multipliant le chiffre récolté par 3. C’est tentant, mais peu rigoureux. Mais tentant…

 

4) Quelles données de contexte ?

 

Selon les données, j’ai ressenti le besoin de contextualiser certaines données récoltées avec des chiffres « val de Loire » ou même « national ».

Ce n’est pas si facile que ça, sachez-le : le val de Loire, qui va de la Vendée à l’Auvergne, est une entité géographique très floue, et qui n’a rien à avoir avec les découpages administratifs sur lesquels sont basées la plupart des bases de données. En plus, les appellations et les interprofessions ne travaillent pas vraiment « main dans la main » et ne coordonnent pas leurs enquêtes, ce qui rend difficile l’agrégation de données.

Bref : j’ai constitué mes propres données « val de Loire » (bio ou total) en additionnant les chiffres de 15 départements, sur lesquels s’étalent les quatre grandes régions viticoles de Loire que sont le Nantais, l’Anjou-Saumur, la Touraine et l’Auvergne : Loire-Atlantique, Vendée, Maine-et-Loire, Sarthe (Pays de la Loire) Vienne (Aquitaine), Deux-Sèvres (Poitou-Charentes), Indre-et-Loire, Loir-et-Cher, Indre, Cher, Loiret (Centre), Nièvre, Allier, Puy-de-Dôme (Auvergne), Loire (Rhône-Alpes).

Les bases de données sont celles d’Agreste (recensement agricole de 2010 et sondages annuels), et de l’Agence bio.

Je peux vous dire que j’ai pas mal révisé ma géographie, ces dernières semaines…

5) Pourquoi seulement la Loire ? Pourquoi pas toute la France ?

 

Réponse : j’ai fait ce que j’ai pu…

Cette question est légitime. En France, il est estimé que les vignerons naturels sont environ 500. Rien d’infaisable, en théorie, et ce serait tellement plus intéressant…

Mais :

  • je n’ai que mes petits bras, très peu de temps, et encore moins d’expérience… J’ai préféré voir « petit » pour limiter le risque de plantage.
  • Le val de Loire, ce n’est pas rien comme région. Après tout, ça représente quand même 150 vignerons naturels…
  • Avec une enquête « nationale », je craignais un éparpillement des réponses. 30 de Loire, 5 d’Alsace, 2 du Jura, 34 du Languedoc, etc. Au final, j’aurais probablement obtenu plus de réponses mais, au vu des différences régionales, je ne suis pas certaine que le résultat aurait été plus « significatif».
  • Il n’est pas encore trop tard…

6) On peut encore répondre ?

 

Et non ! J’ai fermé le questionnaire, désolée… Du coup, il n’est plus visible. Mais si vous y tenez, écrivez-moi et je vous enverrai un aperçu des questions.

Je ne sais pas encore si je le referai, ni quand ni comment… En fait, ça dépendra un peu de vous, et de votre intérêt pour ce que j’ai récolté.

 

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