DATAPIF / Episode 4

[SONDAGE 2/6] Loire au naturel : ces néo-vignerons venus d’ailleurs

Après l’enquête… l’analyse. J’ai décortiqué pour vous les résultats du sondage envoyé à 150 vignerons naturels de Loire. Pour rendre tout ça plus lisible, je vous fais le rendu en plusieurs articles.

Dans ce nouvel épisode du Datapif, on fait la rencontre des néo-vignerons : venus d’ailleurs, ils ne sont arrivés là par hasard….

La première info que nous offre ce sondage réalisé en janvier 2017 auprès de 150 vignerons naturels de Loire : les installations de domaines en « naturel » ont connu un vrai boom après l’an 2000.

Plus intéressant, il apparaît que la majorité de ces domaines du XXIe siècle ont été, pour 46,3% d’entre eux, créés ex-nihilo (enfin, à partir de vignes déjà plantées, quand même). Nouveaux noms, nouvelles étiquettes, nouveaux visages… Les vignerons naturels « fils de » sont minoritaires : seulement 16,7% des répondants ont hérité de leurs vignes.

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des vignerons ayant répondu ont exercé ou exercent encore un autre métier

A noter également : 51,9% de ces nouveaux venus dans le vignoble exerçaient un autre métier avant de produire du vin. Et 14,8% continuent d’ailleurs d’exercer cet autre travail…

A noter : malgré leur parcours atypique, la majorité de ces néo-vignerons (61,1%) a suivi un cursus de formation « classique » (BPREA, BTS…) Logique : d’abord parce qu’il faut apprendre, ensuite parce que le diplôme est nécessaire pour bénéficier des différenes aides à l’installation.

Le débat autour de l’étiquette « vin naturel »

Moi, je les appelle « vignerons naturels ». Je ne suis pas la seule, notez bien. Mais quand même… Ils en pensent quoi, de cette étiquette ?

Dans l’ensemble, le terme semble leur convenir (ne pas leur déplaire, en tout cas). Mais, pied de nez au questionnaire, 27,8% des répondants refusent d’entrer sous la bannière des « vins naturels » (tout en acceptant de répondre à un sondage auprès des vignerons naturels… #paradoxe)

Et qu’est-ce qui leur déplaît dans ce qualificatif, certes très critiquable ? Finalement, ce n’est pas tant le terme de « naturel » qui les embête (11,8%), ni même le fait d’entrer dans une « case » un poil marketing (35,3%). Non, c’est autre chose (47,1%)…

On n’en saura pas plus, par manque de détail de mon questionnaire (oui, c’est frustrant, je sais).

Je note quand même ce commentaire, qui donne peut-être un début de réponse : « Mon voisin dit faire du vin naturel, mais met du soufre. Moi, je n’en mets pas, donc je refuse d’appeler mes vins « naturels » ».

Logique ? Heu, faut voir…

En gros, si on ne craint pas l’extrapolation, certains refuseraient surtout de s’associer, même de loin, à des pratiques qu’ils n’approuvent pas. Ils font leur vin à eux tout seul. Et ça leur va très bien comme ça.

Néo-vignerons : vin pour tous, tous pour le vin…

 

 

(Pour cette question, les vignerons pouvaient choisir plusieurs réponses…)

La motivation N°1, pour les vignerons naturels, c’est d’abord de produire un vin à leur goût. Et les vins naturels ayant le goût qui leur plaît, c’est vers ce type de production qu’ils sont allés.

Voilà qui colle pas mal avec la vision d’un néo-vigneron tombé en amour pour une cuvée, et dont la passion se développe jusqu’à la transformation complète…

Viennent ensuite les questions d’écologie, également une motivation pour la majorité.

La volonté de sortir des radars, de s’affranchir d’un « système », a constitué une motivation pour 22,9%. Beaucoup, pas beaucoup ? Je vous laisse en juger (et j’admets que la réponse proposée est floue, voire équivoque : anti-système agricole ? viticole ? politique ?)

No way

En voilà une, de réponse, qui n’a rien de flou… Produire du vin « conventionnel », c’est-à-dire même pas en bio, et avec des intrants ? Pour 99% des vignerons ayant répondu, c’est hors de question.

51,9% préféreraient encore arrêter de faire du vin, et 46,3% produiraient du vin bio, dans le pire scenario.

Mon analyse : ces néo-vignerons ne sont pas là par hasard. Ils n’ont pas changé de métier pour devenir vigneron. Ils ont changé de vie pour produire du vin naturel, et pas autre chose. C’est vin naturel ou rien pour plus de la moitié d’entre eux. Et vin naturel ou bio (si nécessaire) pour les autres.

 

A SUIVRE : je continue l’exploration du sondage réalisé auprès des vignerons naturels de Loire. Dans le prochain épisode, le poids du vin naturel dans le val de Loire…

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des vignerons ayant répondu n'envisagent en aucun cas de produire du vin conventionnel

Dans les épisodes précédents… 

[SONDAGE 3/6] Le poids du vin « nature » en val de Loire

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[SONDAGE 2/6] Loire au naturel : ces néo-vignerons venus d’ailleurs

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[SONDAGE 1/6] Enquête auprès des vignerons naturels : mode d’emploi

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La carte des 150 vignerons naturels de Loire

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